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Full text of "CA du 22 février 1928 : projet de certificat d’études coloniales"

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liPROJET de Î3REATI01J 


d'un CERTIFICAT d 'ETUDES C OMI ARES . 


On constate fréquemment chez les élèves de l'Ecole 
des Sciences politiques le désir de s'orienter vers une 
carrière coloniale et, dans cet ordre d'idées, vers les 
affaires privées plutôt que vers les fonctions publiques. 
De leur côté, les entreprises coloniales, qui ont engagé 
jusqu'alors leur personnel par des procédés de fortune, 
paraissent désireuses d'améliorer le recrutement de leurs 
collaborateurs . 

Dans ces conditions, il pourrait être utile de grou- 
per et de coordonner les enseignements coloniaux exis- 
tant déjà à l'Ecole. Sans aller jusqu'à créer une sec- 
tion coloniale, qui risquerait d'éveiller la susigeptibi- 
lité de l'Ecole coloniale, on pourrait instituer un cer- 
tificat d'études coloniales déliliré après examen. Les 
élèves qui suivent les cours coloniaux recevraient ainsi 
un témoignage de leurs efforts et de leur acquis, leur 

entrée dans une affaire coloniale serait facilitée par la 
production de cette pièce, qui prouverait une orientation 

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spéciale de leurs études. 

L'établissement du certificat n'entraînerait ni 
création coûteuse, ni modifications importantes de l'en- 
seignement de l'Ecole. 

Dès à présent, l'enseignement des questions colo- 
niales à l'Ecole des Sciences politiques comporte toute 
une série de cours consacrés aux monographies de l'Algé- 
rie, de la Tunisie, du Maroc et de l'Indo-Chine . Un des 
deux cours portant sur le Maroc traite également de la 
colonisation comparée en appliquant plus spécialement 
cette étude au protectorat marocain. 

L'Ecole, d'autre part, a le projet de créer un cours 
consacré à nos possessions africaines (l'Afrique du Hiord 
exclue) et à Madagascar. Cet enseignement serait entre- 
tenu par une subvention demandée aux gouvernements gene- 
raux de l'Afrique occidentale et de îvladagascar , et se- 
rait/confié à M. GUY, gouverneur honoraire des colonies. 

L'Ecole disposerait ainsi d'un groupe de cours des- 
tinés à faire connaîÿte à nos élèves la partie la plus; 
importante de notre domaine colonial;> Seules, reste- 
raient en dehors de notre enseignement nos possessions de 

l'Inde et de l'Océanie et nos colonies américaines. Il 


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serait sans doute possible de rattacher les premières au 
cours sur l'Indo-Chine et de faire faire une ou deux con- 
férences à l'un des professeurs, sur les Antilles, la 
Guyane et Saint Pierre & Miquelon. 

Ges enseignements existant déjà, ou dont la création 
est décidée en principe, suffiraient à la rigueur à cons- 
tituer le programme du certificat d'études coloniales. 
Toutefois, leur répartition géographique risquerait de 
laisser, dans l'esprit des élèves, des impressions frag- 
mentaires; aussi, serait-il expédient d'y adjoindre deux 
enseignements. L'un, semestriel, porterait sur la politi- 
que internationale touchant les colonies. Il pourrait être 
confié à M. DUCHEBE, directeur des affaires politiques au 
ministère des colonies. L'autre traiterait des problèmes 
économiques aux colonies ( outillage , économique , main- 
d' oeuvre, politique douanière, commerce extérieur, grands 
produits coloniaux) . Il durerait une année et pourrait 
être confié à M. GOURDOH, dont l'enseignement serait por- 
té âedeux semestres à deux ans : le cours sur l'Indo-Ghine 
(actuellement de deux semestres, soit 34 leçons) serait n 
massé sur une année (soit 27 leçons). L'autre année serait 
consacrée au cours ((economiquey^^ cfeer; La dépense que 
l'Ecole aurait à supporter du fait de ces nouvelles créa- 


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tions serait : 

poiir le coars de M. DUCHMS: 12 leçons à 200 frs = 2.400 
pour 20 leçons nouvelles de M.G0URÎ)0ÎÎ( Î)à200 frs » 4.000 

soit, au total, répartis sur 2 ans 6.400 

Ce certificat ne serait créé et ces enseigneraenta 
nouveaux ne seraient étaMia que lorsque l’Scole aurait 
obtenu la subvention destinée à faire face aux dépenses 
du cours sur l’Afrique occidentale & équatoriale et Mada- 
gascar. 

Le certificat serait accordé aux élèves qui passe- 
raient des examens sur 1* ensemble des cours coloniaux et 
qui ajouteraient ces cours au prograaiüïs normal de leur 
section*. Afin de ne pas instituer un titre qui ferait 
concurrence au diplôme de l'Scols et de prévenir toute 
confusion, ce certificat ne serait accordé qu’aux jeunes 
gens ayant obtenu le diijlôme de l’Ecole. 


(î) L’ïndo-Chine alloue à l’Ecole, pour le cours de M. 
Gourdon, 6.000 francs par an; en portant le cours à 27 
leçons, l’Ecole aurait encore une marge pour ses frais 
généraux. 


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